À l’emplacement de l’hôpital militaire Villemin se trouvait autrefois le couvent des Récollets, comme l'abbaye du Val-de-Grâce avait précédé l’hôpital du même nom.
Les moines Récollets sont issus de la réforme franciscaine afin de retrouver l'austérité primitive selon les préceptes originaux de Saint François. Cette réforme qui est la troisième se répand en Italie puis en France à la fin du XVIème siècle ou vers 1600 des moines s'établissent à Paris. N'étaient admis dans cet ordre que les postulants qui avaient un esprit de recollation (de re-collecti "recueilli") la «récollection" désignant "un état de recueillement et de profonde méditation. Ils appartenaient aux ordres mendiants de droit pontifical. Vivant dans la pauvreté et la mendicité, ils menaient une existence largement autonome dans un cadre verdoyant, propice aux récoltes, à la prière et au recueillement. Au début du XVIIe siècle, ce couvent accueillait jusqu’à 200 moines. En 1603 Jacques Cottard homme pieux, marchand et maître tapissier et son épouse Anne Gosselin installés rue Neuve-Saint-Méderic, aujourd’hui rue Saint-Merri offrent une grande maison avec une cour et un jardin qu'ils possédaient aux moines franciscains des Recollets dans le quartier Saint Martin de Paris toute proche de l'église Saint Laurent.
Ce don est autorisé par Henri IV par lettre une patente du 6 janvier 1604. Ce couvent est fondé par des Récollets venus des couvents de Nevers et de Montargis sur le terrain donné. Quelques mois plus tard les moines créent une modeste chapelle contiguë à leur terrain et Henri IV leur donne un terrain avec "une ligne et demie d'eau de la fontaine de la ville" qui passe devant le couvent la ligne est une ancienne unité de débit d'eau des fontainiers qui correspond pour les moines à environ 200 litres d'eau disponible par jour. De plus Henri IV défendait à ses sujets de "molester les moines mendiants" et "il ordonne aux officiers de justice de leur prêter main forte". Léonard de Trappes archevêque d'Auch consacre la chapelle le 19 décembre 1605.
Devant l'exiguïté des lieux une chapelle plus grande est construite et Marie de Médicis (1578-1642) épouse puis veuve d’Henri IV et Régente à partir de 1610 pose la première pierre de cette chapelle le 30 août 1614. et elle est dédiée à l'annonciation de la vierge. Elle est de style cistercien avec une nef voûtée en plein cintre. Sa façade classique est à deux ordres superposés. Elle est enrichie de tableaux d'un frère Luc moine Recollet élève du célèbre Simon Vouet qui représentent la vie de Saint François.
Cette chapelle va recevoir de nombreux tombeaux notamment des grands bienfaiteurs du couvent dans la cave sous le maître hôtel. Parmis ces inhumés citons Guichard Faure baron de Thisy et sa femme Magdeleine Brulard (-1635) et leur gendre Noël de Bullion (1615-1670) magistrat et conseiller au Parlement de Paris, Louise de Bethune (1602-163-) épouse de marquis de Mirepoix, Françoise de Blanchefort de Crequy (1596-1656), Gaston duc de Roquelaure (1614-1683) et sa femme Charlotte-Marie de Daillon de Lude (-1657). Plus tard leur fils Antoine-Gaston de Roquelaure (1656-1738) maréchal de France et sa femme Marie-Louise de Laval-Lesay (1657-1735).
Le 1er mai 1619 l'archidiacre de Cluny Jean de Bon pose la première pierre du cloître et au milieu du XVIIème siècle le dortoir et le cloître avec ses galeries en arc surbaissé sont rebâtits et agrandis grâce aux importants dons financiers de Claude de Bullion surintendant des finances sous Louis XIII et inventeur du Louis d'or. Comme dans de nombreux couvents, les bâtiments s’organisaient autour d’un cloître, dont seules deux des quatre galeries subsistent aujourd’hui. L’aile nord abritait le dortoir des moines et l’aile sud la bibliothèque, réputée pour ses 18 000 ouvrages très variés et parfois rares dont 162 manuscrits et des portraits de papes ou de grands religieux (1).
En 1730, l’architecte Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du roi Louis XIV en 1708 et figure majeure de l'architecture de cette période, construit la façade donnant sur le square actuel selon les principes de l’architecture classique. Visible depuis le square Villemin, cette aile en pierre de taille illustre la sobriété des bâtiments monastiques. Son avant-corps est surmonté d’un fronton orné de feuilles de chêne.
Louis XIV nomme les frères Recollets "aumôniers des armées de terre et de mer" et ils eurent l'autorisation de monter à cheval par le Pape. Ainsi 30 à 35 d'entre eux périrent lors de campagnes et nombreux d'entre eux partirent au Canada au début des expéditions françaises pour évangéliser ces nouveau territoires.
La Révolution.
En 1790, pendant la Révolution, les moines ne sont plus qu’une trentaine. Comme de nombreux établissements religieux en France, le couvent est fermé. Les moines durent déclarer tous leurs biens qui étaient fort modestes et les 10 tableaux de la chapelle. Ces derniers furent déclarés biens nationaux et on les retrouve dans l'église Saint Paul Saint François dans le Marais à Paris ou dans la cathédrale de Versailles. Des ouvrages de la bibliothèque peuvent être retrouvés à la bibliothèque Mazarine.
L’ordre des Récollets est dissous en 1791 l’année suivante. Le 17 juillet 1789 dans les jardins du couvent ont lieu un banquet réunissant les députés du royaume et la population.
Le couvent est ensuite réquisitionné de 1789 à 1790 pour loger le 21e bataillon de la 3e division des Grenadiers de la Garde nationale, dit « bataillon des Récollets », qui s’installe dans les étages. Cette troupe d’élite appartient à la Garde nationale, alors dirigée par le général Lafayette
Le 30 mai 1790, l’Assemblée constituante décide de créer des ateliers de filature afin de fournir du travail aux vieillards, aux femmes et aux enfants sans ressources, le plus souvent sans emploi et sans subsistance.
Deux filatures sont ouvertes à Paris : l’une dans le couvent des Jacobins, rue Saint-Jacques, entre la Sorbonne et l’Observatoire, d’abord appelée « atelier des Jacobins », puis « atelier du Midi » en l’an II. L'autre atelier est fondé dans le faubourg nord, au couvent des Récollets, appelée « atelier des Récollets », puis « atelier du Nord ». Ce dernier comprend quatre ateliers. Dans les deux établissements, les conditions de travail y sont très dures : les ouvrières travaillent 10 à 12 heures par jour pour une rémunération à la tâche très faible pour ne pas concurrencer les entreprises privées du même type. Les salaires sont calculés selon la quantité et la qualité des fils fournis, en coton, chanvre ou lin.
Si l’atelier des Jacobins compte jusqu’à 1 130 ouvrières, celui des Récollets rassemble en moyenne, en 1793, 78 jeunes garçons et 646 ouvrières, dont 437 sur place et le reste à domicile. Chaque atelier regroupe ainsi 100 à 150 personnes. Par leur taille, exceptionnelle pour l’époque, ces ateliers deviennent des lieux d’agitation et de revendications sociales, notamment à travers des pétitions adressées à la mairie de Paris pour améliorer les salaires et les conditions de travail. Une plaque sur le mur de l'hôpital rappelle cette activité.
Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), la Convention décide de transformer les lieux en hospice des incurables pour hommes. Les malades sont transférés du vieil hospice rue de Sévres datant de 1634 trop encombré qui est devenu hôpital Laennec fermé en 2000. Les bâtiments sont réaménagés ; la chapelle est réduite et il reçoit une façade néoclassique.
Par décret impérial du 25 août 1860, l’hospice des incurables hommes passe de l’Assistance publique au ministère de la Guerre pour une somme de 66 9000 francs et il devient l’hôpital militaire Saint-Martin. Les patients de l'hospice sont transférés à l’hospice des incurables d’Ivry Clos de Serizi dans les dépendances de l'ancien château. (journal). Des travaux sont alors engagés : un étage est ajouté et la façade est unifiée.
En 1863, l’Annuaire militaire de la République française mentionne les trois premiers pharmaciens militaires affectés à l’hôpital Saint-Martin : Léon Monsel, pharmacien aide-major de 2e classe, ainsi que Chrétien Albert Fetsch et Georges Strohl, tous les deux pharmaciens sous-aides de 1re classe. En 1864, Albert Fetsch est remplacé par Auguste Judicis, pharmacien aide-major de 1er classe.
La Commune.
Pendant le siège de Paris par les Prussiens (19 septembre 1870 au 28 janvier 1891) puis la Commune (18 mars au 28 mai 1871), la proximité des barricades expose l’hôpital à de très fortes tensions notamment dans l'approvisionnement en vivres et le ravitaillement sanitaire en produits de santé pour faire face aux besoins des blessés et du personnel. Les hôpitaux militaires continuent de fonctionner. Le nord-est de Paris est particulièrement Les 25 et 26 mai des barricades sont dressées sur les boulevards de Strasbourg et de Magenta et aux extrémités de la rue des Recollets. Elles sont enlevées par l'armée régulière avec des duels d'artillerie entre Montmartre et Belleville criblant l'hôpital d'éclats de projectiles perdus. Du 25 au 27, les troupes Versaillaises écrasent la Commune, c'est l'apogée de la "semaine sanglante" terrifiante selon les témoins avec des exécutions sommaires des deux côtés et de très nombreux incendies allumés par les Communards : Tuileries, Hôtel de Ville, Préfecture de police, Louvre, Palais d'Orsay, etc. .
Plusieurs médecins marquent l’histoire des lieux durant la Commune de Paris.
Alphonse Laveran (1845-1922), médecin militaire au grade aide-major nommé à l’hôpital en octobre 1869 à 24 ans pour quelques mois, il rejoint ensuite le front avec l'armée de l'est lorsque la guerre éclate en 1870. Fait prisonnier, il revient en mars 1871 à l’hôpital militaire Saint-Martin comme médecin aide-major Il s'illustre durant la semaine de mai 1871 en empêchant les insurgés de se réfugier dans l'hôpital puis en soignant les blessés. Il quitte l’établissement en 1873. Il deviendra professeur au Val-de-Grâce et recevra le prix Nobel de médecine en 1907 pour sa découverte en 1880 de l’hématozoaire du paludisme.
Le docteur Paul Ferdinand Gachet (1828-1909) s’engage dans la Garde nationale en 1864, où il est promu chirurgien aide-major. En février 1871, il est
affecté aux ambulances du 9e bataillon, puis nommé médecin-chef de l’hôpital militaire Saint-Martin, son prédécesseur, Jean François Cabrol, médecin principal de 1re classe, ayant sa tête mise prix par les Communards. Sa conduite exemplaire durant la Commune est saluée. Il met au point un liquide antiseptique destiné au traitement des plaies par arme à feu, le « vulnéraire du docteur Gachet ». Il reste toutefois surtout connu pour son mécénat et ses liens avec de nombreux peintres illustres à Auvers-sur-Oise, notamment Camille Pissarro, Paul Cézanne, Claude Monet, Auguste Renoir et surtout Vincent Van Gogh qui peint son célèbre portrait.
En 1873 l'annuaire militaire de la république française décrit sept médecins et cinq pharmaciens militaires en poste à l'hôpital militaire Saint-Martin.
Pour les médecins : comme médecin chef Justin Lacronique médecin principal de 1er classe, Charles Lagarde Médecin-major de 1er classe, Felix Thibaut Médecin Aide-major de 1er classe comme Ernest Hellaine et Alphonse Laveran. Deux Aides-majors de 2ème classe Mathias Strauss et Fréderic Tixier.
Pour les pharmaciens : Noël-Eugène Latour Pharmacien Principal de 2ème classe, pharmacien en chef de l'hôpital depuis 1872, François-Louis Courant Pharmacien-Major de 1er classe, Prosper-Ferdinand Warnier Pharmacien Major de 2ème classe, et deux aides-majors de 2ème classe, Charles François Leroy et François Clément.
Par la loi du 9 juillet 1892, le vénérable hôpital est déclassé ce qui signifie en pratique que seules quelques réparations indispensables sont effectuées sans qu'il y ait d'améliorations ni de crédits. Cependant grâce au docteur Paul Ruotte médecin traitant de la division des blessés une salle d'opération est crée en 1910 elle sera très utile quatre ans plus tard.
Le médecin en chef Jean Jacques Petit médecin chef de l'hôpital de 1910 à 1914 demande sans succès la création d'un pavillon d'isolement des contagieux, une amélioration de la salle de bain l'installation d'un service d'hydrothérapie et le chauffage central.
En 1913, l'hôpital militaire Saint-Martin prend le nom d'hôpital militaire Villemin en hommage à Jean-Antoine Villemin. Jean-Antoine Villemin (1827-1892) est un médecin militaire pionnier dans la démonstration de la contagion de la tuberculose qu'il décrit dans un mémoire à l'Académie de médecine le 5 décembre 1865 soit dix-sept ans avant que Koch n’en isole le germe. (Ferrandis)
Cet hôpital condamné depuis 22 ans a vu passer de 1903 à 1913 en moyenne 29845 hospitalisations.
Première guerre mondiale 14-18.
Cette période d'activité de l'hôpital est particulièrement bien documentée et décrite dans l'excellent ouvrage sur l'hôpital de Felix Lejars "un hôpital militaire durant la guerre. Villemin 1914-1919".
Après la mobilisation générale en France décrétée le 1 août, à partir du 2 août 1914 arrivent les médecins que leur âge retenait à l'arrière et qui étaient restés dans les cadres sur leur demande ou qui s'étaient engagés pour la durée de cette guerre prévue très courte. Il va falloir comme ailleurs que des civils deviennent rapidement des militaires avec l'organisation originale qui est associée à cet état, de plus en guerre.
Le personnel militaire dont les cadres sont remplacés ainsi le MC Petit part à l'Etat Major et il est remplacé par le médecin principal de réserve Philippe Gaucher. Philippe Gaucher (1854-1918) est bien connu pour avoir décrit dans sa thèse en 1882 la maladie de Gaucher.
A l'entrée en guerre Il va falloir améliorer ce vieil hôpital qui avait été déclassé. L'hôpital comprenait 556 lits avec trois services : les blessés, les fiévreux et les contagieux.
Sous l'impulsion des médecins principaux de réserve Philippe Gaucher (1854-1918) dermatologue et Felix Lejars (1863-1932) chirurgien les deux professeurs agrégés à la faculté de médecine de Paris, l'hôpital fonctionne à plein rendement malgré les difficultés.
Du 2 août 1914 à 1918, 30 546 hospitalisés passent et sont traités dans cet hôpital dont 18 250 en médecine et 12 296 en chirurgie. Il y aura 847 décès soit 2.77 % mais il faut aussi associer ceux décédés des grippes dites espagnoles et de la typhoïde.
L'hôpital fonctionne même comme un HoE (Hôpital Origine d'Etapes) en fait un Hôpital d'évacuation recevant directement des blessés provenant du front arrivant par les gares de l'Est et du Nord notamment du 5 au 12 septembre 1914 durant très meurtrière la bataille de la Marne où 792 blessés sont dirigés vers l'hôpital, blessés non opérés, hâtivement pansés et même pas pansés. Malgré l'absence de connaissance e de la chirurgie de guerre eu que 50 décès. Beaucoup d'autres arrivés par les gares 15 000 environ durant la semaine de la Marne sont dirigés vers les hôpitaux complémentaires et auxiliaires qui viennent d'ouvrir. Cet hôpital mal préparé se transforme du jour au lendemain en ambulance de 1ère ligne et en centre de triage. Les brancards remplissent les salles, les escaliers, les vestibules et la cour d'entrée". Le MC Gauchet est heureusement là pour organiser le désordre grâce à des décisions froides et énergiques. Le président Raymond Poincaré vient visiter l'hôpital pour rencontrer les blessés et le personnel durant ce terrible mois de septembre.
De même en septembre 1915 durant les affaires ou batailles de Champagne et en 1918 à partir du 15 avril avec l'offensive allemande de printemps.
Les trois autres hôpitaux militaires parisiens et d'Ile de France alors en activité sont le Val-de-Grace à Paris, Bégin à Saint-Mandé et Dominique Larrey à Versailles, celui du Gros-Caillou ayant fermé en 1894.
Les pharmaciens qui tiennent la pharmacie et le laboratoire cités par Lejars sont Georges Dulud et Faure. Joseph Pauleau est pharmacien-chef depuis 1912 et il est remplacé par Pellerin en 1915 jusqu'en 1921
En 1918, lors de deux premières journées du bombardement de Paris par des canons à longue portée, le 23 mars le premier obus de la "Grosse Bertha" tombe devant la gare de l'Est tuant cinq soldats permissionnaires dont les dépouilles sont transportées à l'hôpital Villemin, George Clemenceau Président du Conseil vient aussitôt saluer les victimes.
Le lendemain le 24 mars 1918, vers huit heures trente un obus attribué à la "Grosse Bertha" explose près de la porte d'entrée blessant le Médecin Major Delpierre, médecin traitant de la division des contagieux et sénateur de l'Aisne. Georges Clemenceau vient dans la matinée lui remettre la Croix de Guerre.
Face aux bombardements il est créé dans les caves et les souterrains des zones de protections et même une salle d'opération.
Le 25 janvier 1918 est le triste jour du décès du médecin chef Philippe Gaucher au sein de l'hôpital qu'il a réussi à faire fonctionner durant ces terribles année de guerre avec une grande efficacité. C'est son collègue Felix Lejars qui prend la direction de l'hôpital sans rupture jusqu'en 1919.
A l'annonce de l'Armistice Lejars décrit une réunion du personnel pour chanter la Marseillaise notamment les prouesses vocales du pharmacien chef Faure excellent chanteur.
Après l'Armistice de novembre 1918, l'hôpital continue son activité dans le triage et le traitement des blessés en recevant les patients des unités casernés dans la région parisienne et ceux évacués de la zone d'occupation française en Allemagne.
Après-guerre.
Un centre de triage des tuberculeux s'installe dans l'hôpital et la radiologie se développe grâce aux médecins majors Lemoine et Baillet. En 1926, la construction de l'avenue de Verdun et l'élargissement de la rue du Faubourg Saint-Martin conduisent à la destruction du 2/3 du cloître. p
En 1931 des terrains sont cédés à la compagnie des chemins de fer pour l'élargissement de la gare de l'Est.
En 1939 cl'hôpital est un centre d'accueil des blessés arrivant à Paris par voie ferrées, par voie fluviale avec le canal Saint-Martin ou par l'aéroport du Bourget. En 1945, Il accueille ensuite les prisonniers de guerre français venant d'Allemagne, par trains sanitaires et les soldats dits "indigènes" : Malgache, Sénégalais et Berbères libérés notamment des Kommandos de travail allemands.
En 1941 on compte 5884 entrées, 5476 en 1942, 5516 en 1943 et 4016 en 1944.
Le 19 août 1944 tandis que les chirurgiens opéraient un blessé un char tigre allemand embusqué gare de l'est tire un obus sur l'hôpital crevant une conduite d'eau dans les combles et désagrégeait le plafond de la salle Delonme
Au Noël 1942 la chapelle inaugurée par Marie de Médicis est rendue au culte grâce au Médecin colonel Sieur médecin chef de 1942 à 1944 qui la fait remettre en état.
Durant la seconde guerre mondiale puis la guerre d'Algérie l'hôpital participe comme les autres hôpitaux militaires français à l'accueil des blessés et des malades provenant du front.
En 1968, l’hôpital est fermé pour vétusté, après un siècle d’activité continue au service des blessés et des malades des armées, et après avoir traversé quatre conflits majeurs.
Désaffecté en 1971 un périple douloureux d'une trentaine d'année pour ce valeureux hôpital militaire va commencer. Sur la porte principale le nom de "hôpital militaire Villemin" rappelle l'origine hospitalière du lieu.
En 1973 deux ailes sont détruites, les jardins sont cédés pour la création du groupement universitaire hospitalier Saint-Louis Lariboisière et la création d'un jardin public par la ville de Paris le square Villemin.
Dans les années 1970, le site se réinvente en accueillant l’École d’architecture Paris-Villemin qui y restera une vingtaine d'année. À partir de 1990, le squat « Les Anges des Récollets » lui donne brièvement une dimension artistique et laisse une mémoire vivante des lieux.
Cette présence éphémère demeure visible aujourd’hui dans quelques 'œuvres' encore dispersées sur le site, que l’on découvre au fil de la visite.
En 1974, une partie des bâtiments est classée. En 1992, un incendie endommage le site : la restauration qui suit permet toutefois de conserver les fresques des artistes squatteurs. Le lieu ferme alors, dans l’attente d’une nouvelle destination.
En 2000, face à la dégradation du site, la Ville de Paris lance un concours pour sa restructuration. Le projet est remporté par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert, en collaboration avec la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). Leur ambition est d’en faire une résidence inspirée de la Villa Médicis, conformément au souhait de Michel Lombardini, alors PDG de la RIVP. Ainsi, inauguré en juillet 2003, le site devient un centre international d’accueil à vocation culturelle, doté de 81 studios destinés à héberger à titre onéreux, des artistes et des chercheurs en séjour à Paris.
Les architectes Thomas Corbasson et Karine Chartier conçoivent l’aménagement intérieur de la Maison de l’architecture, ouverte en 2004. Elle comprend un espace d’exposition, des bureaux, des salles de réunion et de réception, et accueille également le Conseil régional de l’Ordre des architectes d’Île-de-France.
La Régie immobilière de Paris gère aujourd’hui ce patrimoine, devenu un exemple de reconversion de lieux historiques en espaces contemporains.
La porte monumentale du XVIIIème siècle subsiste au 8 rue des Récollets dans le Xème arrondissement.
Les façades, les toitures et l'escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé du bâtiment subsistent aussi du XVIIIe siècle.
La chapelle, la rampe en fer forgé et les bâtiments ont été classés monuments historiques en 1974. Le jardin, ancien jardin horticole des moines et les cours du couvent qui sont séparé du couvent sont devenus le jardin Villemin-Mahsa Jîna Amini. Mahsa Jîna Amini est l'une des nombreuses victimes du régime théocratique iranien pour absence du port du voile islamique. Le jardin est ouvert à la population et un bar restaurant, le Café A est disponible sur le site.
Bibliographie
Joseph Hassenforder. Historique de l'hôpital militaire Villemin. Monographie. 1947.
Journal des débats politiques et littéraires. 12 avril 1914.
1 Ancien couvent des Récollets ou ancien hôpital Villemin | Musée du Patrimoine de France
2 paris-promeneurs.com. couvent Récollets rue faubourg Saint-Martin Paris 10
3 Duclert (Ariane), Guide du promeneur 10e arrondissement, Paris, Parigramme, 1996.
4 https://www.centre-les-recollets.com/
6 Jean-Jacques Ferrandis. Hommage à Villemin. Histoire des sciences médicales. 1963. Tome XXVII. 1, 23-30.
Les Recollets un lieu d'histoire. maisonarchitecture-idf.org
François Lamarre. Hôpital Villemin : vocation culturelle confirmée. Les Echos. 3 mai 2003. p5.
JEF52 Historique 14-18 de l'hopital Villemin ( Paris 10ème) - Forum PAGES 14-18 2007/11/19
Felix Lejars. un hôpital militaire durant la guerre. Villemin 1914-1919. 1923. Masson Ed. Paris. 364p.